This is The hand

(2017)


Random Mandalas

(2017)

 

Souvent, quand j'écoute de la musique, des images m'apparaissent, des rêveries commencent à prendre forme. Certains sons me plongent dans un monde de couleurs, d'autres m'inspirent des odeurs, des souvenirs. Dès mon adolescence, j'ai commencé à jouer de la musique en amateur, et depuis, pleins de mélodies trottent dans ma tête... Je me souviens aussi, étant enfant, avoir tellement joué avec l'eau dans la baignoire ou avoir passé beaucoup de temps près de la rivière à observer le jeu de la lumière dans les vagues tourbillonnantes.

 

Ainsi m'est venue l'idée de faire danser l'eau avec les vibrations de la musique. En recherchant un peu sur le net, j'ai découvert la technique de la cymatique (du grec κῦμα "vague"), qui est l'étude des vibrations sonores visibles. En effet, il est possible de visualiser les fréquences sonores en faisant vibrer une matière ou du liquide, comme de l'eau, de la poussière ou du sable. Placé dans un récipient sur le haut-parleur ou alors directement sur la membrane, le liquide ou le sable se répartit alors de manière plus ou moins géométrique en fonction des fréquences.

 

Ce phénomène était déjà connu à la renaissance. Au début du 19ème siècle, un docteur allemand du nom de Ernst Chladni a popularisé cette technique, en mettant en vibration, grâce à un archet, une plaque métallique saupoudrée de poussière. Cela permettait de mettre en évidence des motifs géométriques et l'effet était particulièrement impressionnant avec les sons riches en harmoniques. Dans les années soixante, le docteur suisse Hans Jenny a expérimenté plus en détails la technique, en employant des haut-parleurs. Puis il y a une vingtaine d'années, l'auteur allemand Alexander Lauterwasser a commencé à expérimenter la cymatique avec des liquides éclairés et filmés. Depuis, beaucoup dans le monde se sont amusés avec les fréquences et les éléments.

 

Mon idée était de composer un morceau, puis de séparer les différentes fréquences (basses, moyennes et percussions), afin de faire réagir du liquide selon les plages de fréquences, puis enfin remixer le tout avec un programme de montage vidéo. Bien sûr, j'avais aussi l'intention de faire des prises de vues instantanées de ces motifs. Alors j'ai commencé à expérimenter cela en consacrant un jour par semaine à mon projet, et 5 mois plus tard, mon travail « Random mandalas » (mandalas aléatoires) était terminé !

 

J'ai passé des heures et des heures à rechercher la manière la plus adéquate d'obtenir de beaux motifs symétriques, concentriques et intéressants. Le plus dur a été de trouver le bon angle de vue. Pour rendre les motifs intéressants, j'ai utilisé une LED à couleurs modulables. J'ai aussi, à l'aide d'un générateur de son, cherché quelles fréquences produisaient les motifs les plus spectaculaires. A ma grande surprise, j'ai découvert que selon la fréquence, le volume et la modulation, j'obtenais des formes aux géométries différentes! Des motifs qui me rappelaient des structures biologiques, comme des fleurs, des cristaux. J'ai obtenu des cristaux parfaits à 4,5,6,7,8,9,12,14, etc... branches avec des modulations entre 25Hz (25 vibrations par seconde) et 90Hz ainsi qu'avec leurs multiples. Bien sûr, je devais adapter le volume du haut-parleur, car avec trop peu de volume, il ne se passait rien, et avec trop de volume, le liquide giclait hors du récipient! Plus tard, j'ai observé que si je ne mettais pas le récipient directement sur la membrane du haut-parleur, mais qu'au contraire, j'installais une deuxième membrane plus souple et plus grande à quelques centimètres de la membrane, j'obtenais des motifs plus calmes, plus grands et plus faciles à filmer. Je souhaite au lecteur beaucoup de plaisir à feuilleter mon ouvrage où j'indique pour chaque motif, quelle fréquence j'ai utilisé.

Random Mandalas, le livre

(2017)

 

 

Random mandalas, le film

(2017)

 

Dans la couverture du livre, à la dernière page, vous trouverez un DVD : voici la deuxième partie de mon travail. J'ai voulu vous montrer les motifs en mouvement tels que je les ai vus. Pour ce faire, j'ai composé un morceau de musique et l'ai enregistré par pistes séparées sur un programme de musique, ainsi j'ai pu exporter les pistes séparément avec des marqueurs pour la synchronisation. Puis j'ai fait réagir le liquide qu'avec la piste des basses, puis la piste des percussions et enfin avec la piste de la mélodie principale. J'ai testé plusieurs liquides et j’ai gardé les vidéos les plus belles. J'ai éclairé la piste des percussions en rouge bordeaux en utilisant de la vodka comme liquide, les basses en rouge en faisant vibrer de l'eau, et enfin, la mélodie en utilisant que les basses fréquences de la piste et en jouant avec son volume, et là c'est du whisky qui a fait l'affaire. Pour les basses et la mélodie, j'ai utilisé la membrane de 12cm de diamètre que j'ai construite. Par contre, pour la percussion, j'ai utilisé un tout petit récipient directement collé à la membrane du haut-parleur dans lequel j'ai mis qu'une seule goutte de liquide d'environ 6mm de diamètre, ainsi j'ai obtenu des motifs à 4 branches plus simples et explosifs. Puis j'ai superposé les trois couches pour en faire une visualisation complète du morceau! Si ce travail vous a plu, je vous invite à me faire part de vos commentaires et inspirations.

 

Random Mandalas, la documentation

(2017)

 

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Random mandalas - Documentation
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Wheels

(2016)